Les addictions sont des chemins détournés vers nous-mêmes.
Elles parlent notre langage intérieur lorsque nous n’arrivons plus à nous entendre.
Elle vient nous dire que nous cherchons à anesthésier une douleur ou une pression trop grande.
Elle murmure qu’il y a une tristesse ou une fatigue que nous n’arrivons plus à porter seul.
Elles disent que la réalité est devenue trop étroite, trop lourde ou trop vide.
Qu’une part de nous cherche l’extase, l’évasion, une autre dimension pour respirer.
Elles parlent d’un besoin urgent d’apaisement.
D’un système nerveux épuisé qui réclame de la douceur, du repos, de la sécurité.
Il dit souvent : “Je n’arrive pas à ralentir.”
Il est une respiration artificielle lorsqu’on ne trouve plus la vraie.
Elle montre un trou affectif ou émotionnel.
L’aliment devient un pansement, un doudou, un refuge.
Elle dit qu’on cherche à se remplir de l’extérieur faute de se sentir nourri à l’intérieur.
Elle révèle une quête de contrôle, de performance, ou l’envie de fuir l’immobilité où les émotions nous rattrapent.
Elle dit : “Si je m’arrête, quelque chose fera surface.”
Elle dit que nous avons peur de ne pas être assez.
Qu’on se définit par ce qu’on fait, pas par ce qu’on est.
Qu’on cherche la reconnaissance que l’on n’a jamais vraiment reçue.
Elles parlent d’un besoin profond de connexion, de contact, d’intensité, mais aussi parfois d’une difficulté à gérer l’intimité authentique.
Elles disent qu’on tente de combler une solitude ou une blessure d’abandon.
Elle dit qu’on a peur de ne pas mériter l’amour sans se sacrifier.
Qu’on a vécu le manque, l’instabilité, l’insécurité émotionnelle.
Qu’on cherche dans l’autre une maison qu’on n’a jamais eue.
Elles montrent une peur du vide, de la solitude, du silence intérieur.
Une addiction à la stimulation, à la validation, à l’illusion de connexion.
Elles disent que la vie réelle manque de sens, de contrôle ou de gratification.
Le jeu remplace l’incertitude de la vie par une excitation immédiate.
Elle parle d’une quête de valeur personnelle à travers l’objet.
Le “je possède donc j’existe”.
Elle dit qu’on cherche à combler un manque d’estime ou d’identité.
C’est une addiction cachée.
Elle dit : “J’ai peur du jugement”, “J’ai peur de décevoir”.
Un mécanisme de survie face à l’imperfection humaine.
Elle révèle la peur du chaos, de l’imprévu, de l’abandon.
Elle dit qu’on n’a pas appris à faire confiance à la vie.
“Regarde-moi. Je suis le signe que quelque chose en toi souffre encore.”
“Je ne suis pas ton ennemi. Je suis ton appel à l’aide.”
“Derrière moi se cache une émotion, un manque, une peur, un traumatisme.”
Elle est le symptôme, la conséquence, la tentative.
• là où nous avons été blessés,
• là où nous avons manqué d’amour,
• là où nous nous abandonnons encore,
• là où un soin, une écoute, une reconnexion est nécessaire.
Charlotte Cellier

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